Être heureux, c’est apprendre à choisir : Orlando ou la cité de la joie

Publiée le 27 juin 2016 | Par | Tribune libre

S’il y a une chose qui subsistera toujours, c’est la joie.

Dans cette boîte de nuit ce soir-là, il y avait des gens heureux.

Ils étaient sortis faire la fête, comme ils le faisaient souvent. Entre la musique et les verres se trouvaient des gens, homosexuels et hétérosexuels, vivants, qui essayaient de vivre. Les bars gays ont très souvent été un exutoire, – ils demeurent parmi les rares endroits où l’on peut être soi. Être soi, dans une société où l’on nous enchaîne à devenir quelqu’un d’autre, est un luxe inestimable.

« En t’entourant de gens qui t’aiment, en faisant des choix qui te ressemblent, tu vas voir que les choses ont tendance à devenir meilleures avec le temps. »

Nous avons tous besoin de refuges ; d’endroits spéciaux, de paradis artificiels.

Je me souviens des regards bienveillants, exaltés ; et qu’importe qu’ils soient véridiques ou simulés: ils m’ont offert une respiration. Dans les bars gays, il n’y a pas de place pour la honte. J’y ai trouvé un refuge. Depuis, la douce sensation de ne pas avoir à se justifier persiste dans mon esprit.

Et comment expliquer l’inexplicable ?

Comment expliquer que nos amis, nos parents aient été fauchés parce qu’ils étaient homosexuels ? N’est-ce pas les criminels que l’on tue ? Et point de crime dans l’amour. L’extrémisme et le dogmatisme font des ravages ; et en feront encore. Notre société fabrique des gens seuls, déséquilibrés et malheureux. Certaines personnes ne trouvent pas de refuges, d’endroits spéciaux, et deviennent dangereux. Ils s’en prennent aux innocents pour leur innocence. Et tant que nous fabriquerons des gens seuls ; tant que la haine grandira dans nos coeurs ; tant que l’amour ne sera pas l’unique réponse ; les massacres continueront.

Nous avons érigé des barrières, des murs hauts jusqu’au ciel, et ce soir-là, des vivants sont morts. La musique a été coupée par le son des balles. La joie a été noyée dans le sang versé. Mais il faut qu’ils sachent, les détracteurs de la mort : la joie est infinie. La fête continuera, bien après les balles.

Il faut le dire sans ciller :

À toutes les victimes d’Orlando, et à leurs familles,

À tous ceux qui ont le courage de dire qu’ils s’aiment,

et à ceux qui le trouveront un jour,

Je suis homo, et je vous aime.

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