Soutenons l’étude du genre dans les programmes de SVT

Publiée le 17 septembre 2011 | Par Frédéric Le Barzic | News

Affiche d'HES en réponse à la campagne actuelle de Christine Boutin

Face à l’offensive d’associations catholiques relayées désormais par 80 députés et 113 sénateurs dont Alain Chatillon, sénateur-maire de Revel, de très nombreuses voix scientifiques, intellectuelles, militantes et politiques font connaître leurs inquiétudes et leurs réponses. Le site Mediapart et le journal Le Monde ont relayé ces appels.

Le 14 septembre dernier, 30 personnalités adressaient une lettre ouverte au Ministre de l’Education Nationale pour défendre publiquement la place de l’étude du genre dans les manuels scolaires. Parmi eux l’anthropologue Jérôme Courduriès, membre d’AEC, rappelait qu’aucun scientifique sérieux ne songerait aujourd’hui à faire reposer le caractère féminin ou masculin sur les seules données biologiques. «Il est grand temps […] que l’information sur la sexualité tienne enfin compte de la diversité des sexualités et contribue ainsi, dans la lignée des efforts déjà entrepris, à dédramatiser l’expérience vécue de sexualités autres que strictement hétérosexuelles.»

http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/140911/pourquoi-cacher-le-genre-monsieur-le-ministre

Aujourd’hui, Le Monde publie trois nouvelles contributions.

Face aux menaces annoncées par les adversaires des nouveaux manuels scolaires, un collectif comprenant Eric Fassin, Geneviève Fraisse, Françoise Héritier, Axel Kahn et Louis-Georges Tin, refuse d’inféoder la raison au pouvoir politique :

«Notre inquiétude ne porte pas seulement sur le genre, ou sur les sciences de la vie et de la Terre. Quel que soit notre domaine d’enseignement ou de recherche, il nous importe de rappeler ce qui devrait toujours être une évidence : ce n’est pas aux politiques d’imposer leur vérité au savoir. […] Contre une droite populaire qui veut faire du Lyssenko à l’envers, en substituant à la biologie prolétarienne du stalinisme, qui niait l’hérédité, un biologisme national, qui naturalise au contraire la différence des sexes, nous revendiquons l’autonomie de la vie intellectuelle.»

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/16/defendons-les-etudes-de-genre-a-l-ecole_1573255_3232.html

Les personnes trans sont évidemment en première ligne. Florence Bertocchio signe, avec la gynécologue Odile Buisson et le sexologue Sylvain Mimoun, un appel aux parlementaires :

«Les nouveaux manuels de sciences de la vie et de la terre (SVT) ont raison d’indiquer que le genre ne suit pas systématiquement ce que les organes génitaux et les chromosomes indiquent. Débattre avec les personnes trans est une approche première de la connaissance de l’autre et donc de la connaissance de soi. Entendre et tâcher de comprendre ce qu’elles nous disent en est une seconde. Que les représentants de la Nation ne demeurent pas crispés sur des préjugés, qu’ils sachent fuir les clichés et qu’ils acceptent de débattre avec les personnes trans. C’est une façon nécessaire et utile de faire vivre la philosophie des lumières dans la France d’aujourd’hui.»

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/16/le-mauvais-genre_1572942_3232.html

Enfin, des responsables d’HES et députéEs PS  dont Catherine Lemorton pour la Haute-Garonne rappellent les injustices vécues et dénoncent un déni de la réalité. Ils annoncent au sein du groupe PS  l’élaboration d’une proposition de loi qui, «en application de la résolution 1728 du Conseil de l’Europe, encadre les conditions de rectification de l’état civil indépendamment des soins médicaux et donc sans obligation de stérilité.»

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/09/16/genre-derriere-la-theorie-des-vies-et-des-injustices_1572929_3232.html

 

Vous aimez cet article ? Partagez-le !

Comments are closed.