Pourquoi un Festival des Transidentités ?

Publiée le 11 novembre 2014 | Par | Commissions, EspaceTrans, Évenements, News, Trans & Inter

Pour la 3e année, « les Trans de Toulouse » font leur festival.

Le programme :

http://www.aectoulouse.fr/commissions/permanences/festival-transidentites-2014/

Cérémonie de clôture au Grand Cirque, 14 boulevard Riquet, 31000 Toulouse

En 2013, près de 300 personnes ont participé aux différents événements organisés par l’association Arc En Ciel Toulouse dans le cadre de ce qui était encore « la semaine des Transidentités ».

L’idée de partager avec un large public des rencontres, des moments festifs, des événements culturels, est apparue à Toulouse en 2011 lorsque nous avons pour la première fois commémoré le T-DOR. Le T-DOR (Transgender Day of Remembrance, ou journées du souvenir des victimes de la transphobie) est une journée de commémoration internationale observée le 20 novembre.

Depuis janvier 2008, 1612 meurtres de personnes Trans ont été rapportés à travers le monde, 226 meurtres au cours des 12 derniers mois. Or, non seulement les statistiques ne rapportent qu’une partie des meurtres réellement commis, mais encore ces meurtres sont souvent de la plus grande violence. En FRANCE, des institutions médicales entretiennent des pratiques barbares comme la STERILISATION FORCEE, l’obligation de traitements ou de chirurgies mutilantes sans la demande des personnes et, inversement, le refus arbitraire de prises en charge médicales ou des prises en charge soumises à des conditions contraires à la dignité humaine. Il est à noter que la pratique des stérilisations obligatoires pour obtenir des papiers est logiquement remise en cause dans plusieurs pays du monde. Elles sont à présent interdites à Malte. En Suède, 136 personnes Trans se sont regroupées pour obtenir une condamnation et une indemnisation de l’Etat. Plusieurs autres pays d’Europe sont en passe de les interdire.

Toute cette violence est particulièrement dirigée contre nos existences, contre la diversité des réalités trans et intersexes, contre la réalité de nos corps, de nos identités et de nos vies. Elle nous frappe dans une indifférence quasi générale et sans que les responsables politiques fassent le moindre geste pour nous protéger concrètement, et s’opposer enfin par leurs actes et leurs décisions à ceux qui voudraient effacer nos différences, effacer notre existence d’un coup de gomme.

Le 15 novembre, Karine Espineira et Arnaud Alessandrin viendront présenter les premiers résultats de leur recherche sur la transphobie. Chiffres à l’appui, ils dessineront les contours des discriminations qui parsèment les parcours transidentitaires.

Du 24 octobre au 22 novembre, Naiel expose : « La cissexualité, ce douloureux problème ». Très longtemps, les transidentités ont été lues par le prisme de la médecine. Trop longtemps, c’est la pathologie qui a servi de porte d’entrée à cette lecture. Par la mise en scène photographique et des citations détournées des psychiatres les plus transphobes, cette exposition montre la répression psychiatrique et juridique qui s’exerce sur les personnes trans, tout en se faisant passer pour « naturelle », voire « bienfaisante » et donc légitime.

Le 21 novembre, nous proposons une soirée spéciale T-DOR à la Luna loca. Cette soirée, inclusive et mixte, sera ouverte à tou-te-s, y compris aux personnes cisgenres.

Le 22 novembre, nous organisons une conférence sur le changement d’état-civil : Pourquoi ? Comment ? Nous présenterons la situation politique nationale et internationale. Dans le monde, le principe du « changement d’état-civil libre et gratuit », apparu en Argentine en 2012, s’étend progressivement en Europe. Après le Danemark, Malte vient de voter une loi en ce sens et plusieurs pays de l’Union vont suivre cet exemple. En France, au lieu de prendre en compte l’urgence de la situation, le gouvernement et les parlementaires de tous bords continuent de s’enfoncer dans un immobilisme irresponsable, laissant se développer dans un silence complice des attaques répétées contre le « gender » et « l’indifférenciation des sexes ». Ainsi, ils abandonnent les milliers de personnes transgenres de ce pays, pour le meilleur et pour le pire, au pouvoir sans contrôle de juges et d’institutions médicales dont beaucoup ne cachent pas leur volonté de s’opposer aux évolutions sociétales sur les questions de genre et de sexualité.

Le gouvernement doit déposer sans délai un projet de loi qui nous permette de disposer librement de nos identités, de nos corps et de nos vies sans subir en permanence les violences médicales, psychiatriques, administratives, judiciaires et sociales, qui nous blessent, nous précarisent et nous mettent tout simplement en danger !

Le 25 novembre, nous invitons les médecins : généralistes, psychiatres, gynécologues, endocrinologues, dermatologues, et les professionnels de santé (orthophonistes, infirmier-e-s, et d’autres) à une soirée de rencontre autour de la santé des personnes Trans. Soirée destinée à l’échange d’informations et d’expériences entre des personnes Trans et des professionnel-le-s de la santé (soignants, médecins, associations, services,…), dans un esprit d’entraide et de bienveillance.

Le 29 novembre, enfin, nous proposerons en parallèle deux ateliers Drag : un atelier Drag Queen et un atelier Drag King. Le Drag permet, dans un temps et un espace limité, de prendre conscience, par la pratique, des rôles et des codes de genre, de leur nature, de leur apprentissage et de leur impact sur nos vies quotidiennes. Cela permet d’explorer l’espace qui sépare la vie cisgenre d’une transition, où ce n’est plus un jeu de rôle car ce n’est plus vraiment un jeu, ou alors c’est le jeu de la vie et de la mort, le jeu du destin, où il importe, par-dessus tout, de ne pas passer à côté du « rôle de sa vie ».

 

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