Liberté et protection pour Samir

Publiée le 14 janvier 2011 | Par | News

L’Ardhis a été alertée de la situation de Samir (prénom d’emprunt), Tunisien de 24 ans, gay, qui se trouve depuis le 23 décembre dernier au centre de rétention administrative de Vincennes (94). Il est sous le coup d’un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière (APRF) du 17 juin dernier notifié par le préfet du Val d’Oise (95). Cette décision, non contestée dans les délais, est exécutoire. L’expulsion de Samir peut aujourd’hui intervenir à tout moment !

Samir est arrivé en Italie pour rejoindre son père à l’âge de 16 ans où il a vécu six années difficiles. Depuis deux ans il s’est installé en région parisienne. En dépit de la précarité de sa situation ici, Samir n’accepte pas l’idée d’un retour en Tunisie, tant parce qu’ayant quitté la Tunisie à l’âge de 16 ans il y a perdu la plupart de ses attaches, que parce que c’est en Europe qu’il a pu vivre son orientation sexuelle relativement tranquillement.

Nous avons pu être témoin de l’état psychique et psychologique très dégradé de ce garçon : tourmenté et instable, il est évident qu’il a besoin d’un encadrement particulièrement compréhensif et rassurant, notamment au regard de son orientation sexuelle.

L’Ardhis considère qu’expulser Samir est une mesure tout à fait indigne et inhumaine :
– Balaierait-on ainsi 8 ans de la vie de ce jeune majeur qui a quitté son pays alors qu’il avait 16 ans ?
– Déclinerait-on ainsi toute responsabilité sur son état psychique alors qu’il est arrivé mineur en Europe et qu’aucun service social ne l’avait alors pris en charge ?

Cette expulsion aurait probablement des conséquences dramatiques, peut être irréversibles, sur son état.

Qui plus est, alors qu’il est de notoriété publique que les rapatriés font l’objet d’un fichage en règle par la police locale, que ces jours-ci des jeunes y décèdent sous le coup de balles réelles, comment ne pas s’inquiéter du traitement dont il pourrait faire l’objet par les autorités tunisiennes ?

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Pour soutenir Samir, nous appelons toutes et tous:

1. à signer cette pétition en ligne: http://www.mesopinions.com/Agir-pour-Samir-petition-petitions-6a2899015abe72a98f7e9d1ef9413710.html

2. à écrire au Préfet du Val d’Oise et au Préfet de Police de Paris afin de relayer cet appel de l’Ardhis.
Voici un modèle de lettre à adresser par email et par fax aux contacts suivants :

Au Préfet du 95 qui est décisionnaire pour abroger l’arrêté de reconduite:
par email:
secretariatdeprefet@val-doise.pref.gouv.fr
pierre.lambert@val-doise.pref.gouv.fr
valerie.sottejeau@val-doise.pref.gouv.fr
michel.bernard@val-doise.pref.gouv.fr
martine.thory@val-doise.pref.gouv.fr
par fax :
0130325185

Monsieur le Préfet,

Je me permets de solliciter toute votre attention au sujet de Samir* à qui vous avez notifié un arrêté de reconduite à la frontière le 17 juin 2010. Il est retenu au centre de rétention administrative de Vincennes et son expulsion est aujourd’hui imminente, puisque que votre décision est maintenant exécutoire.

Samir est arrivé en Italie pour rejoindre son père à l’âge de 16 ans où il a vécu six années difficiles. Depuis deux ans il s’est installé en région parisienne. En dépit de la précarité de sa situation ici, Samir n’accepte pas l’idée d’un retour en Tunisie, tant parce qu’ayant quitté la Tunisie à l’âge de 16 ans il y a perdu la plupart de ses attaches, que parce que c’est en Europe qu’il a pu vivre son orientation sexuelle relativement tranquillement.

Ce garçon est vraisemblablement dans un état psychique et psychologique très dégradé: tourmenté et instable, il semble évident qu’il aurait besoin d’un encadrement particulièrement compréhensif et rassurant, notamment au regard de son orientation sexuelle.

Expulser Samir serait une mesure tout à fait indigne :
– Balaierait-on ainsi 8 ans de la vie de ce jeune majeur qui a quitté son pays alors qu’il avait 16 ans ?
– Déclinerait-on ainsi toute responsabilité sur son état psychique alors qu’il est arrivé mineur sur notre territoire et qu’aucun service social ne l’avait alors pris en charge ?

Cette expulsion aurait à coup sûr des conséquences dramatiques, peut être irréversibles, sur son état. Qui plus est, alors qu’il est de notoriété publique que les rapatriés font l’objet d’un fichage en règle par la police locale, que ces jours-ci des jeunes y décèdent sous le coup de balles réelles, comment ne pas s’inquiéter du traitement dont il pourrait faire l’objet par les autorités tunisiennes ?

L’association Ardhis qui m’a alertée de cette situation est aujourd’hui disposée à prendre en charge l’accompagnement de ce jeune homme dès sa libération.

Je sollicite donc de votre part, l’abrogation de cet arrêté de reconduite à la frontière et je vous prie de croire, monsieur le Préfet, en ma plus haute considération.

*Samir : son identité vous sera communiquée par l’association Ardhis : ardhis@ardhis.org ou 0619640391

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