AEC réagit à l’enquête IFOP/Têtu sur les insultes et agressions à caractère homophobe

Publiée le 24 mars 2011 | Par Michel Megnin | Médias, News

Alors que la loi pénalise depuis sept ans les insultes et les agressions à caractère homophobe, la police nationale déclare n’avoir aucune donnée statistique sur le sujet. Le magazine Têtu a donc commandé à l’Ifop la première grande enquête de victimisation auprès de la population homosexuelle en France.
Les réponses recueillies par l’ enquête de l’Ifop sont riches d’enseignement :
– Un tiers des gays et bisexuels interrogés ont déjà fait l’objet d’insultes à caractère homophobe (31%), sachant que leur proportion monte à 48% chez les personnes exclusivement homosexuel(e)s. En effet, les bisexuel(e)s – qui affirment généralement moins leur identité sexuelle – sont beaucoup moins nombreux à être victimes de ce type d’agression (12%).
– 14% des gays et bisexuels déclarent avoir été victime d’une agression physique homophobe. Là aussi, la proportion de victimes d’agressions à caractère homophobe varie en fonction du degré d’affirmation de son identité sexuelle : 24% chez les homosexuel(e)s, 5% chez les bisexuel(e)s.
Un des principaux enseignements de cette enquête est que les agressions verbales à caractère homophobe sont plus fréquentes que les agressions à caractère raciste.
– En effet, si l’on compare ces résultats à une enquête réalisée pour le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) auprès de minorités visibles, on note que les agressions verbales à caractère homophobe (31%) sont plus répandues que les agressions liées à la couleur de peau (25%).
– De même, le nombre de gays, bisexuel(le)s et lesbiennes à avoir fait l’objet d’agressions physiques à caractère homophobe est beaucoup plus élevé (14%) que le nombre de personnes appartenant à une minorité visible déclarant avoir été victime de violence physique (7%).

AEC considère toutes les discriminations également condamnables. Elle demande une nouvelle fois l’égalité dans les délais de prescription juridique en cas d’insulte. Elle entend aussi veiller à ce que la police traite  les victimes d’homophobie et de transphobie comme toutes les autres victimes. S’agissant de la lutte contre l’homophobie et la transphobie, elle poursuit et amplifie de manière très significative la sensibilisation nécessaire dès le plus jeune âge en milieu scolaire. Enfin, AEC reste persuadée que les discriminations d’Etat en matière d’égalité des droits (mariage,  parentalité…) légitiment insultes et violences dénoncées par cette enquête.

Télécharger les résultats de l’étude (pdf, 1311 ko)

Télécharger l’annexe de l’étude (pdf, 243 ko)

 

Source : Ifop

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