Deux homosexuels passés à tabac après s’être embrassés dans un jardin public niçois

Publiée le 4 avril 2010 | Par | News


L’œil au beurre noir, le visage tuméfié, les vertèbres douloureuses, des contusions partout, Steeve se remet doucement de l’agression dont il a été victime samedi après-midi au jardin Alsace-Lorraine dans le quartier Gambetta à Nice. « Ils l’ont laissé inanimé. Il était tout blanc, en sang, par terre à l’entrée du parc », raconte son ami Romuald. Les deux jeunes hommes n’en reviennent pas d’un tel déchaînement de violence. « Les insultes, les invectives, on a déjà eu droit à cela. C’est inadmissible, mais ça n’atteint pas notre intégrité physique. Là, on n’a rien compris à ce qui nous arrivait. D’autant plus que nous ne sommes pas un couple particulièrement démonstratif. Là on s’est embrassé, c’est tout. » Ils se sont embrassés sur un banc, après avoir mangé un gâteau. « Une femme d’environ 35 ans est arrivée vers nous. D’abord poliment, elle nous a dit d’arrêter parce qu’il y avait des enfants. »

Déchaînement de violence et de haine
Les deux hommes expliquent qu’ils ne voient pas en quoi cela est dérangeant et lui demandent si, lorsqu’elle embrasse son mari dans un lieu public, c’est dérangeant. « Et là, tout est parti. Elle nous a insultés, m’a frappé au visage, m’a poussé, raconte Steeve. Romuald m’est venu en aide. On ne voulait pas se laisser faire. » Puis très vite, ça dégénère. Les deux hommes sont pris à partie par plusieurs jeunes de 17 à 18 ans qui connaissaient la femme. S’en suit une course-poursuite jusqu’à la sortie du jardin où Steeve et Romuald sont roués de coups de poing, de pieds, y compris à terre. Les pompiers et la police viennent sur place et les deux hommes sont transportés à l’hôpital Saint-Roch. « On nous a présenté deux jeunes qui avaient été interpellés mais ce n’étaient pas eux. On est immédiatement allé porter plainte après l’hôpital parce que l’on ne veut pas que ça reste sans suite. » Retrouver des images de la vidéosurveillance Aujourd’hui, les deux victimes se rendront à la police municipale – comme on leur a conseillé au commissariat Foch – pour demander si des éléments peuvent être récupérés à partir des caméras de vidéosurveillance du quartier. Cette agression, qui est passible d’une peine aggravée si l’intention homophobe est démontrée, affecte particulièrement les deux hommes. « Au-delà des dommages physiques, on se demande maintenant s’il faut changer notre comportement. On a peur pour notre propre sécurité. Est-ce qu’il ne faut plus montrer aucun signe d’affection ? Ce serait inadmissible. »

Article paru dans Nice-Matin le 29 mars 2010

Si vous êtes vous-mêmes victimes d’une agression, n’hésitez pas à nous contacter. Vous pouvez aussi appeler SOS homophobie ou le RAVAD

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