Des complications pour la moitié des trans opéré-e-s dans les hôpitaux français

Publiée le 5 décembre 2011 | Par Florence Bertocchio | EspaceTrans, News

Les résultats d’une enquête de l’INSERM consacrée aux personnes trans sont publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire. Ce simple énoncé témoigne des progrès restant à réaliser : nous, personnes trans, ne sommes pas une épidémie !

Mais revenons au rapport. Il possède au moins le mérite de donner une consistance à une rumeur assourdissante : les résultats de la chirurgie en France sont effroyablement mauvais, s’apparentant à une véritable maltraitance inspirée par le mépris.

58 % des personnes opérées dans le secteur public français considèrent avoir très bien vécu leur parcours, alors que ce pourcentage s’élève à 94 % chez celles ayant été opérés en clinique privée et à 77 % pour celles ayant choisi l’étranger. La moitié des sujets pris en charge dans les établissements publics français ont déclaré avoir connu des complications, contre seulement 17,6 % et 23,7 % respectivement de ceux ayant réalisé l’opération en clinique privée en France ou à l’étranger. Ces résultats scandalisent l’association Act up qui demande aujourd’hui « la fin du massacre ».

http://www.jim.fr/en_direct/pro_societe/e-docs/00/01/F5/5F/document_actu_pro.phtml

Mais pour que cesse le massacre, il faudra que cesse le mépris qui est avant tout mépris envers les femmes, mépris envers le corps des femmes, mépris envers le plaisir féminin. Au début des années 2000, des patientes du CHU de Rangueil ont porté plainte. D’appel en appel, cette affaire est aujourd’hui devant le Conseil d’Etat. Voici ce qu’écrit le rapporteur public : «une insensibilité au niveau du néo-clitoris est très habituelle.» Nous sommes en 2011 : quelle honte !

Il faudra que, loin de se contenter d’une chirurgie plastique sans complication, on vise la restauration de toutes les fonctions physiologique dans leur intégrité, y compris et surtout la fonction sexuelle et l’aptitude au plaisir. Que dans le cahier des charges de l’hôpital public en France, on puisse lire comme à Bangkok :

«Presque toutes les patientes nous font part d’un orgasme achevé dans l’année qui suit l’opération.»

C’est la moindre des exigences.

 

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2 Responses to Des complications pour la moitié des trans opéré-e-s dans les hôpitaux français

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  2. anne-marie says:

    ça fait un peut peur!!! pour celle qui on pas les revenue pour aller à Bangkok!!! s’est comme la question du psy!!! comment choisir une personne qui vas avoir entre ses main la décision qui vas vous libérer ou vous achever!!! a quelle moment doit t’ont commencer!!!! comment être en confiance avec son psy et être sur de sont impartialité, pour être la plus franche possible avec lui et ne pas ressentir le besoin de tricher et lui dire ce qu’il attende de vous a la place de lui parler de vous… ca trot , ca trot dans la tête; ca consumes mon énergie et comme dans hulk, je sent la femme au fond de moi qui crie et ce débat pour prendre ça place et enfin être libre… il y a 25 ans elle fut camisolée par la convenance, les réprimandes parentale et la thérapie de psychologue; subissant le poids de la honte et le manque de repère elle na que trop souffère…