Crise du COREVIH : Plusieurs associations contre le SIDA alertent Marisol Tourainel

Publiée le 27 juillet 2014 | Par Michel Megnin | Associations, Associations Amies, Associations Membres, News

SIDA : COREVIH Midi-Pyrénées/ Limousin Bientôt, une année sabbatique…et maintenant, on fait quoi ?

Il y a presqu’un an, des restrictions budgétaires importantes imposées par l’ARS Midi-Pyrénées ont stoppé toute autre activité du COREVIH que celle de la collecte des données épidémiologiques et une importante crise de gouvernance a conduit le bureau du COREVIH Midi-Pyrénées/Limousin à démissionner. Engagé dans la lutte contre le SIDA et les IST, AEC Toulouse publie une lettre inter-associative signée par Act Up Sud-Ouest, Entraides SIDA Limousin, Grisélidis et Relais VIH. Ces associations alertent la ministre de la santé des graves conséquences d’une situation où toutes les actions devant associer les associations et les malades ont été stoppées. AEC s’associe aux inquiétudes de ces associations  : à l’heure où se termine à Melbourne la Conférence internationale contre le SIDA, il ne peut y avoir de « vacances » dans la lutte contre le SIDA !

Lettre ouverte d’Act Up Sud-ouest, Entr’AIDSida Limousin, Griselidis, Relais VIH à :

La Ministre de la Santé,  Mme Marisol TOURAINE

La directrice de l’ARS de Midi-Pyrénées Mme Monique CAVALIER

Le directeur de l’ARS du Limousin, Mr Philippe CALMETTE

SIDA : COREVIH Midi-Pyrénées/ Limousin Bientôt, une année sabbatique… et maintenant, on fait quoi ?  

En 2007, en France, la lutte contre le sida s’est dotée d’une nouvelle instance appelée Coordination Régionale de lutte contre le VIH (COREVIH). Ces organisations territoriales de référence pour l’ensemble des acteurs qui concourent  à la prise en charge médicale, psychologique et sociale des patients infectés par le VIH et à la lutte contre l’infection au VIH en général, ont pour missions: –         De favoriser la coordination des professionnels du soin, de l’expertise clinique, para clinique et thérapeutique, du dépistage, de la prévention et de l’éducation pour la santé, de la recherche clinique et épidémiologique, des actions de coopération internationale, de la formation et de l’information, de l’action sociale et médico-sociale, ainsi que des associations de malades et/ou d’usagers du système de santé ; –         De participer à l’amélioration  de la qualité et de la sécurité de la prise en charge des patients, à l’évaluation de cette prise en charge et à l’harmonisation des pratiques. –         De procéder à l’analyse des données médico- épidémiologiques. La création des COREVIH devait donner une véritable légitimité du travail et de l’expertise acquise par le monde associatif en partenariat avec le monde médical et la mise en place  d’une véritable démocratie sanitaire sur l’ensemble du territoire national par le biais des régions. Pour Toulouse, notre COREVIH comprend les régions Midi-Pyrénées et Limousin c’est-à-dire onze départements. Suite à sa mise en place,  des difficultés d’ordre fonctionnelles et idéologiques sont venues progressivement mettre en péril le bon développement des missions et parfois des travaux des commissions spécifiques de notre CoReVIH. De plus,  des contraintes financières fixées par l’ARS Midi-Pyrénées ont obligées notre CoReVIH à suspendre ses missions le 13 septembre 2013, à l’exception du recueil de données épidémiologiques. Enfin, c’est dans un climat de tension ayant atteint son paroxysme que le Président de la CoReVIH ainsi que l’ensemble des membres du Bureau prendront la décision d’une démission collective le 21 février 2014, jugeant que leur légitimité était remise en cause. Ainsi, cela va faire bientôt un an que les actions de coordination des acteurs et d’améliorations de pratiques, concernant la qualité de la prise en charge des PVVIH,  ne sont plus travaillées. En attendant que les ARS Midi-Pyrénées et Limousin réorganisent, sans plus tarder, les instances administratives de notre COREVIH (élection d’un nouveau bureau et nouveau président-e), l’ensemble des représentants associatifs se sont réunis afin d’en analyser les disfonctionnements et proposer des pistes d’amélioration pour l’avenir. Les réflexions ont abouties aux propositions suivantes : –         Dans un souci de démocratie sanitaire, la COREVIH doit permettre  aux PVVIH et à leurs représentants associatifs d’investir l’ensemble des actions/ commissions qui sont mises en place. Cela passe entre autre par une prise en charge effective des frais de déplacement. –         Il faut que les actions et les travaux des commissions dans leurs réflexions prennent en compte l’ensemble du territoire dans un souci d’équité et éviter de les restreindre à la métropole toulousaine. –         Il faut que la COREVIH se donne les moyens de mettre en place ses différentes missions sur le terrain. Jusqu’à maintenant, celle du recueil de données épidémiologiques concentrait plus de 90% des financements du budget dépensé et 100% du personnel technique. Pour instaurer une dynamique au sein des commissions/ actions il faut leur donner des moyens financiers et humains. Il est donc nécessaire de repenser le fléchage du financement des missions du CoReVIH. Il pourrait être également utile d’envisager le financement d’un poste de coordinateur technique qui accompagnerait et veillerait au bon développement des projets. –          Pour éviter de reproduire la situation actuelle, il faut que le Président et le bureau respecte le règlement intérieur et les différents acteurs de la COREVIH. Contrairement à ce qu’affirme le précédent bureau dans sa lettre de démission, ce n’est pas sa légitimité qui était mise en cause mais un problème de gouvernance et/ou de non respect du règlement intérieur dans leurs pratiques. –         A l’heure où se déroule la 20eme conférence internationale de lutte contre le sida à Melbourne, il apparaît plus cohérent que l’ensemble des CoReVIH se regroupent en Fédération. Cela participera de toute évidence à une meilleure organisation de la lutte contre le Sida en France. Nous pensons que la Ministre de la santé pourrait mettre en place des espaces de réflexion autour de cette idée. –         La COREVIH Midi-Pyrénées / Limousin a bénéficié d’un budget de fonctionnement pour l’année 2014. Certaines zones d’ombre subsistent et nous souhaiterions pour l’avenir plus de transparence quant à l’utilisation de ces fonds. Parce que la lutte contre le sida se fait tous les jours, nous demandons à nos institutions de santé de sortir notre COREVIH Midi-Pyrénées/ Limousin de cette situation d’immobilisme qui dure, pour certaines de ses missions, depuis presque un an et, que cette reprise se réalise sur de nouvelles bases pour une meilleure démocratie sanitaire.

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