Act Up Sud-Ouest : Associations de lutte contre le SIDA ? Silence, On ferme !

Publiée le 8 novembre 2011 | Par Frédéric Le Barzic | News

En introduction de la journée des COREVIH, à Lyon, la présidente d’Act Up Sud-ouest a alerté l’ensemble des COREVIH sur les difficultés que rencontrent actuellement les associations de lutte contre le sida. Contrairement au discours de propagande du gouvernement et de leurs représentants régionaux, les Agences Régionales de Santé, créées suite à la mise en place de la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoire », n’ont pas que pour objectif le retour à l’équilibre financier des hôpitaux publics (maîtrise comptable des dépenses de santé) au profit du secteur lucratif (en fermant certains services (maternités, chirurgie, etc…) et/ou hôpitaux de proximités), elles appliquent aussi cette politique de « l’efficience »  aux associations. Ainsi la démocratie sanitaire, que le Ministère de la santé affiche comme un « étendard », deviens de plus en plus un outil de communication et une vitrine servant à masquer la réalité d’un politique de santé remettant en cause la notion de service public, d’accès aux soins et d’équité sur tout le territoire pour tous et toutes.

Ainsi, l’ARS Midi-Pyrénées a baissé de 35% cette année les financements de la prévention du VIH aux associations (baisse de 50% par rapport à l’année 2009) et en redistribuant l’enveloppe de 200 000 euros à seulement trois associations toulousaines (75% Aides, 20% Griselidis et 5% Act Up Sud-ouest). La réponse à la demande des autres structures a été négative, choix qui risque à terme de provoquer leur fermeture (comme actuellement à Rodez avec l’association Relai VIH). Alors que l’action associative occupe une place centrale au sein de la lutte contre le sida (Rapport 2010 sur la prise en charge médicale des personnes infectées par le VIH – recommandations du groupe d’experts)  et que la diversité associative permet une complémentarité dans leurs actions en direction des PVVIH et de la population en général, sur tout le territoire (exemple : soutien à l’observance, aux soins et à la qualité de vie, soutien social et à l’accès aux droits, aux travail et à l’amélioration de l’organisation des soins, promotion de la santé sexuelle…). La politique actuellement appliqué par le gouvernement Fillon, via les ARS, remet cette réalité en cause. A terme, le gouvernement Fillon va imposer de n’avoir plus qu’un seul interlocuteur associatif, c’est-à-dire Aides, après avoir « éliminé » toutes les autres associations et cette diversité associative qui était la force de la lutte contre le sida.

Pourra-t-on parler de démocratie sanitaire lorsque l’on aura éliminé la pluralité de parole des représentant-e-s des usager-e-s du système de santé? Pourra-t-on parler de démocratie sanitaire lorsque certains pans de la lutte contre le sida auront disparus et qu’il n’y aura qu’une pensée associative unique ?  Pourra-t-on parler de service public, pour tous et toutes sur l’ensemble du territoire régional lorsque l’on aura réduit l’action associative à la capitale régionale, par exemple Toulouse pour la région Midi-Pyrénées ?

Aujourd’hui, nous profitons de cette journée nationale des COREVIH pour vous faire part de la question de la démocratie sanitaire et de la disparition programmée de la majorité des associations de lutte contre le sida.

Nous vous demandons d’interpeller les pouvoirs publics afin qu’ils modifient leur politique de santé en général et en particulier en ce qui concerne les financements apportés aux associations. Au-delà des conséquences pour la prévention et l’accompagnement des PVVIH, vous allez vous retrouver avec un seul interlocuteur associatif au sein des COREVIH !!!

Communiqué d’Act Up Sud-Ouest

 

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