L’absence de lois protectrices nous met en danger !

Publiée le 29 juillet 2013 | Par | Commissions, EspaceTrans, Évenements, News, Trans & Inter

Mylène, 42 ans, vient d’être assassinée. Artiste et travailleuse du sexe, elle était une figure bien connue des nuits de Limoges. En moins de deux ans, c’est la huitième femme Trans qui disparaît tragiquement à Limoges ! Quatre ont été victimes de meurtres et quatre se sont suicidées.

Il y a un an, Karima Sidiki mettait fin à ses jours. Opéré-e à Lyon, par une équipe de la SOFECT, le Tribunal de grande instance de Limoges lui avait pourtant refusé le changement de sexe légal qu’elle demandait

Quant aux meurtres, à Limoges comme dans d’autres villes qui ont connu cette actualité tragique, la presse et la police n’ont pas (encore) su parler avec dignité des femmes Trans, évoquant un « homme », « travesti » et « prostitué ». Mylène pourtant ne trichait pas et vivait une authentique vie de femme, de la première à la dernière heure de la journée, du premier au dernier jour de l’année. Jusque dans la mort, son identité aura été niée et son nom méprisé.

Par hasard, j’ai appris ce dimanche l’existence de ce « massacre du Circeo ». « En 1975, trois jeunes militants néofascistes issus des beaux quartiers de Rome, rencontrent par hasard Maria Rosaria Lopez et Donatella Colasanti, deux jeunes femmes provenant de la banlieue défavorisée de la ville. Les trois activistes d’extrême droite avaient organisé une soirée dans la villa du père de Ghira au Circeo, une petite cité balnéaire au nord de Naples. Arrivés sur place, les trois militants transforment la fête en une orgie macabre. Les deux jeunes femmes sont violemment battues et torturées. La tête plongée dans une baignoire, Maria Rosaria Lopez décède, asphyxiée. Férocement frappée, Donatella Colasanti feint l’évanouissement. Les trois hommes les croient toutes les deux mortes et les jettent dans le coffre d’une Fiat 127 avec l’intention de se débarrasser plus tard des corps. « 

A propos de ce fait divers, Libération écrivait : « le mal absolu revient hanter l’Italie ». Le mal absolu hante aussi Limoges.

Le meurtre de Mylène nous rappelle cruellement que nous avons besoin de lois pour nous protéger de l’arbitraire des juges. Si Mylène avait eu des papiers féminins, elle aurait eu plus de choix professionnels, elle se serait ainsi moins mise en danger.

Florence Bertocchio

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