PROCEDURES ADMINISTRATIVES : LE COMING OUT FORCE !

Publiée le 7 mai 2012 | Par | EspaceTrans

J’en ai l’habitude, mais en deux jours j’ai vécu des situations dont je me serais passée.

Hier comme 81% des français (c’est bien) je suis aller voter.

En faisant la queue vers l’isoloir, j’apprécie que le monsieur qui dit « a voté » ne dise pas monsieur ou madame avant d’annoncer l’identité. Je me dis « chouette, cela va passer comme une lettre à la poste », surtout que mon ancien prénom (mais toujours officiel), Frédéric est mixte. C’était sans compter sur celui qui vérifie la présence sur la liste électorale :  « Il y a un problème », je le regarde alors en disant, « si croyez-moi c’est bien moi », le lourdau continu vers son acolyte : « Mais il y a marqué sexe masculin ». A12H30 je ne pensait pas qu’il y aurait une vingtaine de personnes derrière moi. Le monsieur « A voté » qui a rapidement compris la situation vient à mon secours et répond « c’est bon cela correspond bien ne t’inquiète pas. tu pensais voir peut-être « que » à la fin du prénom ? » L’autre lourdau : « Mais il ya.. » , « je te dit que c’est bon, c’est la bonne personne » , puis « au revoir madame, bonne journée ».Je me demande s’il est rentré chez lui persuadé d’avoir assisté à une fraude électorale ou s’il a compris la situation avant que son collègue ne lui explique. En même temps en France tous ce genre de choses (LGBT) ça n’existe pas, alors on ne peut pas lui en vouloir d’être dans l’ignorance.

Ce matin, retrait d’un recommandé à la poste. Je fais la queue (décidemment). A droite la guichetière qui me connaît, à gauche un nouveau. Je me dit cela ne va pas louper je vais tomber sur le nouveau : Tout bon : En regardant ma carte d’identité pourtant refaite avec une photo à jour : « c’est pour votre mari, il doit venir lui même » alors que je ne suis pas sûr de cela puisque j’avais la carte d’identité du soi-disant mari.  « Non non, c’est pour moi. », l’autre insiste : « Ah non il ya marqué Frédéric sur le recommandé » je répond, « oui comme sur ma carte d’identité » en implorant du regard sa collègue qui lui fait signe alors de me donner mon recommandé.

Cet après-midi je prends le train pour me rendre à Toulouse pour une séance d’épilation LASER. Je suis militaire, et à ce titre je possède une carte de tarif militaire, avec le beau capitaine que j’étais (que je suis toujours d’ailleurs) en photo.Malgré le fait que je joigne ma carte d’identité en même temps, le contrôleur a eu du mal à comprendre, et il a fallu que j’utilise le mot « transsexuelle » pour que cela lui monte au cerveau.

En deux jours j’ai donc fait 3 coming-out sans vraiment le vouloir, dont deux dans mon petit village de 3000 habitants. Personnellement, même si ce furent des petits moments désagréables, il y a quelques mois encore je me baladais en perruque et tout le monde voyait bien qui j’étais. Le problème c’est que j’ais été contrainte de vivre ces moments, et cela juste parce que cela gêne quelques députés que je puisse changer de carte d’identité. Si je n’avais pas fait mon coming-out, où si j’avais déménagé pour que personne dans mon nouvel entourage ne sache, J’aurais été frappée d’interdiction de vote, d’impossibilité de récupérer un recommandé, ou d’interdiction de me déplacer. Choses qui constituent des droits fondamentaux dans notre pays. On pourra toujours me répondre que je n’avais qu’à y aller « en homme », mais alors les gens auraient dit : « Tiens la dame (car je suis une dame à mon âge !) du troisième elle se travesti en homme! » Et puis vous savez bien que cela nous est impossible psychologiquement.

Bref tout cela est ridicule alors donnez moi vite des papiers et gratuitement s’il vous plaît!

Du coup je ne regrettais pas mon choix dans l’urne. Quoique « des promesses des promesses !

C A.

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