Mission contre les discriminations et violences homophobes, lesbophobes et transphobes.

Publiée le 16 octobre 2012 | Par | EspaceTrans, Trans & Inter

Le gouvernement a confié à Madame la ministre des droits des femmes la mission d’animer la coordination du travail gouvernemental contre les discriminations et violences homophobes, lesbophobes et transphobes.

A ce titre, Arc en ciel Toulouse et d’autres associations de défense des droits des personnes trans identitaires participent aux réunions du groupe de travail N°6:

Parcours des personnes trans : lutte contre la transphobie, rectification de l’état civil, accès aux soins pour celles/ceux qui le souhaitent.

Monsieur Gilles Bon-Maury (Conseiller en charge de l’accès aux droits, de la lutte contre les violences faites aux femmes et de la lutte contre les violences et les discriminations commises à raison de l’orientation sexuelle ou de l’identité de genre) anime ces réunions où les représentants des différentes associations s’expriment.

Les contributions écrites des associations ainsi que le CR de la première réunion sont téléchargeables ici.

Je vous livre mes impressions sur les deux premières réunions. Ces impressions n’engagent que moi évidemment.

Les personnes représentant le gouvernement ont semblées très à l’écoute de ce que  les associations avaient à dire.

Chacun et chacune ont pu s’exprimer dans la sérénité. Il s’est dégagé un certain consensus entre les associations, sur la nécessité d’un changement d’état civil libre et gratuit. En mairie par presque tout le monde.

Un grand consensus aussi sur la nécessaire dépathologisation et dépsychiatrisation. Une association pense à tord que c’est déjà fait. Une autre qu’il est rassurant de se savoir malade et que cela permet de justifier de nos actions auprès des autres (administrations, proches).

Néanmoins le gouvernement lors de la deuxième réunion a insisté sur sa volonté de se servir de la loi Delaunay comme base de travail, ce qui laisse la main mise du système judiciaire sur le CEC avec tout ce que cela entraîne : coût, lenteur, arbitraire, psychiatrisation.

Tout en gardant la loi argentine comme document de travail, il nous a été dit que les droits Argentin et Français n’ont rien à voir. Même si rien n’est fait, il semblerait que nous ne prenions pas le chemin vers ce genre de loi, qui pour quasiment toutes les associations présentes constitue le but à atteindre.

Exprimant nos doutes sur la volonté du gouvernement, nous avons alors été  gentiment accusés de procès  d’intention.

A voir.

Pour l’accès au soin, la base de travail pour le gouvernement est le rapport de la HAS de 2009 et celui plus récent de l’IGAS.

Cette dernière propose un consensus avec des recommandations sur lesquelles il nous a été demandé notre avis.

Pour quasiment toutes les associations, faire des centres de référence est un hold up sur le principe de base du libre choix du médecin ou du chirurgien, et elles contestent donc le fondement des équipes auto-proclamées et de leur protocole pathologisant. Le principe de l’ALD 31 très discriminant est aussi remis en cause par la plupart si une alternative de prise en charge est trouvée. Certaines associations pensent qu’il peut être rassurant d’être encadré par des médecins et des psychiatres et voudraient donc qu’il y ait des centres de référence pluridisciplinaires sans que le passage par ces centres ne soit obligatoire.

Bien d’autres choses ont été dites, notamment sur la prise en charge inexistante des personnes atteintes du VIH, à voir les résumés sur les liens plus haut.

C A.

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