Communiqué de presse de l’APGL

Publiée le 9 avril 2017 | Par Baptiste POIRET | Associations, Associations Membres, Communiqué de Presse, News, News (Slider Homepage)

Election Présidentielle 2017 : enjeux pour les familles homoparentales

L’élection présidentielle 2017 compte des candidat.e.s qui portent des projets très antagonistes et pour certains dangereux pour la cohésion sociale et le vivre ensemble. Les questions touchant le devenir des familles et des futures familles homoparentales sont malheureusement concernées au premier titre.

L’APGL (Association des parents et futurs parents gays et lesbiens) a élaboré un plaidoyer-questionnaire avec sept propositions pour la défense des droits acquis suite à l’adoption de la loi Taubira et l’obtention de nouveaux droits en faveur de l’égalité réelle pour les familles homoparentales, leurs enfants et pour tous les parents :
1.    La présomption de parenté pour tous et toutes.
2.    La procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes.
3.    L’ouverture d’un débat sur une gestation pour autrui (GPA) réglementée et éthique pour tous et toutes.
4.    Une politique de don de gamètes plus volontariste en France pour le bénéfice de tous et toutes.
5.    La reconnaissance de la pluriparentalité et plurifiliation.
6.    L’amélioration des procédures d’adoption en France.
7.    L’égalité des droits sociaux pour tous les parents.

Les candidat.e.s ont été sollicité.e.s sur chacune de ces propositions ; seuls Messieurs Nicolas DUPONT-AIGNAN, Benoit HAMON, Emmanuel MACRON et Jean-Luc MELENCHON ont répondu. Madame Nathalie ARTHAUD a répondu, pour sa part, que les questions homoparentales ne sont pas dans les priorités de son parti.

L’APGL constate avec satisfaction que deux candidats, Emmanuel MACRON et Jean-Luc MELENCHON se distinguent tout particulièrement, non seulement en s’engageant pour défendre la majorité de ces propositions, mais aussi en les complétant avec des mesures spécifiques.
Ainsi, Jean-Luc MELENCHON propose de remplacer la présomption de paternité par une reconnaissance de « paternité » ouverte à tous et toutes, ou bien encore de substituer la procédure du « tout judiciaire » de l’adoption intrafamiliale par la voie notariée voire celle de la simple homologation par un juge. De son côté, Emmanuel MACRON est aussi partisan de remplacer la présomption de paternité par un régime déclaratif ouvert à tous les couples, et de retenir de nouvelles règles de filiation comme la possession d’état pour la reconnaissance des familles pluriparentales.
S’agissant de la PMA et de la GPA, leurs positions sont proches sur le fond : ils disent OUI à la PMA pour toutes les femmes, sans réserve pour Jean-Luc MELANCHON, mais après avis du Comité Consultatif National d’Ethique pour Emmanuel MACRON ; ils disent NON à la GPA, mais sans porter atteinte aux droits des enfants concernés, position assortie pour Emmanuel MACRON de la proposition d’une convention internationale afin de lutter contre le trafic d’enfants et de respecter la dignité des femmes.

Benoit HAMON, candidat du Parti Socialiste et de ses alliés écologistes et du Parti Radical de Gauche se contente de déclarer, soit qu’il ouvrira le débat, notamment sur la présomption de parenté ou sur la reconnaissance de la pluriparentalité et plurifiliation, soit qu’il défendra les propositions dont celles de l’ouverture de la PMA à toutes les femmes et l’égalité des droits sociaux, mais sans jamais proposer de mesures complémentaires ou spécifiques. De plus, celui-ci s’oppose tout simplement à la GPA sans rien préciser sur le devenir des enfants concernés.

Enfin, l’APGL dénonce les positions de Nicolas DUPONT-AIGNAN pour qui seuls comptent les liens biologiques et la place prioritaire des parents qu’il qualifie de « naturels » ; mais, en fait, seule la place des pères le préoccupe. Cohérent avec lui-même Nicolas DUPONT-AIGNAN s’oppose à la PMA pour toutes, à la reconnaissance de la pluriparentalité et plurifiliation, et bien sûr à la GPA. Ce faisant, il rejoint le camp des candidat-e-s abolitionnistes en tout ou partie des acquis de la loi Taubira, au côté de Marine LEPEN et François FILLON qui veulent rompre le principe d’égalité entre les citoyen.ne.s chèrement acquis dans le fracas des outrances et des violences homophobes de la Manif Pour tous, par ailleurs soutien avéré de François FILLON.

Plus que jamais l’APGL appelle ses adhérent.e.s, leurs familles et proches à lire et à partager les réponses des candidat.e.s qu’elle a sollicité.e.s pour mesurer clairement les enjeux pour le devenir des familles et futures familles homoparentales. Le choix se fait entre la régression totale ou significative de leurs droits, avec notamment les propositions de Marine LEPEN, François FILLON, Nicolas DUPONT-AIGNAN et la poursuite de l’égalité des droits, soit pour partie innovante ou audacieuse avec les propositions de Jean-Luc MELENCHON et Emmanuel MACRON, soit plus hésitantes, avec celles de Benoit HAMON. L’APGL invite chacun.e à s’exprimer par un vote dès le premier tour : des opposant.e.s farouches à nos droits ne s’abstiendront pas.

Le plaidoyer-questionnaire de l’APGL complété des réponses écrites des candidat.e.s sont disponibles sur notre site web [1], ainsi que l’interview filmée d’Emmanuel MACRON, seul candidat à avoir répondu favorablement à la demande adressée à tous les candidats, et à s’être prêté à l’exercice.

Marie-Claude Picardat et Dominique Boren
Co-présidents de l’APGL

[1] https://www.apgl.fr/article/item/543-election-presidentielle-2017-enjeux-pour-les-familles-homoparentales

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