Thomas Hammerberg est le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe

« Le droit à la liberté d’expression et le droit de réunion pacifique sont des droits fondamentaux dans une société démocratique et appartiennent à tous, pas juste à la majorité. » C’est par cette phrase que Thomas Hammarberg, le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, conclut la déclaration publiée sur son site ce matin (en anglais et en russe uniquement pour l’instant, mais la traduction française ne devrait pas tarder).

Le texte fait référence aux gay prides de Moscou, Bratislava, Vilnius et Chisinau, et aux obstacles auxquels ont été confrontés leurs organisateurs. Thomas Hammarberg rappelle ainsi que la marche de Moscou s’est tenue malgré l’interdiction, que lors de celle de Bratislava des néonazis ont agressé les participants avec des œufs et des bombes lacrymogènes, qu’à Vilnius il a fallu une décision de la plus haute cour administrative pour que le défilé soit autorisé et qu’à Chisinau, en Moldavie, le festival « Arc-en-ciel au-dessus du Nistru » prévu le 22 mai, n’a pas du tout eu lieu.
« Plus de 20 événements liés à la gay pride ont été organisés en mai dans des villes européennes, poursuit le commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe. Dans la plupart des cas aucun problème majeur n’a été rapporté. Néanmoins, presque sans exception, des incidents ou des violences sont venus les perturber – une situation qui montre la nécessité d’une protection policière adaptée. La Cour européenne a énoncé clairement le devoir qu’a l’État de protéger les participants à des manifestations pacifiques, précisant que « cette obligation prend une importance particulière pour les personnes dont les opinions sont impopulaires ou qui appartiennent à des minorités, parce qu’elles sont plus vulnérables à la victimisation ».

Ces manifestations pacifiques ne peuvent pas être interdites simplement en raison d’attitudes hostiles à l’encontre des manifestants ou des causes qu’ils défendent, insiste-t-il. Les autorités ne peuvent donc pas interdire une manifestation par crainte de ne pouvoir assurer la sécurité des participants en cas de contre-manifestation. Elles ont au contraire l’obligation de garantir cette sécurité.

Source Yagg

Février dernier : à l’initiative de l’Intergoupe du Parlement européen sur les droits des personnes LGBT, il a été rappelé aux gouvernements de trois pays candidats, la Croatie, la Macédoine et la Turquie, que l’accession à l’Union Européenne dépendait de la protection des minorités, et donc des personnes LGBT.

Le rapport sur la Croatie a ainsi exprimé sa préoccupation concernant l’annulation par le gouvernement de ce pays de la Gay Pride de Zaghreb en 2009. Pour la Macédoine, le Parlement regrette que la loi antidiscrimination en cours de discussion à Skopje ignore l’orientation sexuelle et l’identité de genre. Enfin, les avancées de la Turquie ne masquent pas le code pénal de ce pays qui permet la persécution systématique des minorités LGBT et de limiter leur liberté de rassemblement. Ce sera à la Commission européenne à veiller à ce que ces critères soient respectés tout au long des négociations d’entrée de ces pays dans l’UE.

D’après Infos-Traitements, mars 2010.

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