Les déclarations de l’archevêque Mgr Léonard sur le sida, maladie en laquelle il voit une forme de « justice immanente », ont suscité en Belgique  une levée de boucliers dans le monde politique.

En Flandre, les déclarations ont suscité l’indignation de plusieurs partis. Le sénateur de la N-VA Piet De Bruyn a estimé qu’elles faisaient preuve d’un manque total de compassion à l’égard des malades du sida et des séropositifs.

Pour la sénatrice du sp.a Marleen Temmerman, par ailleurs gynécologue, les propos de l’archevêque constituent « une culpabilisation totalement insensée des personnes atteinte du HIV/sida ». L’Open Vld en a quant à lui profité pour réclamer que les contribuables puissent déterminer, dans leur déclaration fiscale, la religion ou la conception philosophique à laquelle iront leurs impôts. Ecolo, en accord avec Groen! , a condamné des déclarations « aussi stupides que discriminatoires » et demandé « à l’ensemble des parlementaires de condamner les propos nauséabonds de l’archevêque ».

Du côté du cdH, la chef du groupe parlementaire Catherine Fonck a jugé « inacceptable de considérer cette maladie comme une forme de punition ». Au C&V, le sénateur Rik Torfs a conseillé à Mgr Léonard de s’abstenir de tels propos au vu du contexte actuel des affaires de pédophilie.

Même son de cloche au MR, où le député Denis Ducarme a dit « s’interroger sur les possibilités de réconciliation entre la société et l’Eglise catholique ». Les déclarations du primat interviennent « alors qu’on sort d’une crise terrible de l’Eglise et alors que nous avons aujourd’hui des milliers de séropositifs en Belgique« , a-t-il souligné.

Au PS, Paul Magnette a jugé « ignoble », sur son fil Twitter, le point de vue de Mgr Léonard, tandis que le ministre-président wallon Rudy Demotte a réagi via sa page Facebook. « Puisse, Dieu, s’il existe, punir de manière imminente celui qui profère de pareilles inepties », a lancé M. Demotte.

C’était en octobre 2009. L’Église luthérienne de Suède, réunie en synode, approuvait le mariage homosexuel voté dans ce pays le 1er mai précédent.

Au printemps de la même année, le 25 mai exactement,  l’Église suédoise a accueilli la première femme homosexuelle comme évêque. Eva Brunne est ainsi la cinquième femme à devenir évêque, mais la 1ere ouvertement homosexuelle.

« J’ai toujours été honnête sur cette question. Cela a toujours été une évidence pour moi, depuis ma jeunesse, de ne pas le cacher. J’ai grandi dans une tradition où il était important d’être soi-même ».

Un article est consacré à Éva Brune dans Le Monde Magazine du 31 juillet dernier. Vous pouvez aussi la retrouver sur sa page facebook.

Pendant ce temps, Benoit XVI a réaffirmé que l’interdiction de nommer des femmes comme prêtre était « une question de foi ». Quant à la revue italienne Panorama, elle fait scandale en révélant la vie sexuelle de prêtres gays et romains, révélant même l’existence d’un lieu de drague dans le Vatican. Scandale auquel Le Vatican a réagi en exigeant le départ de l’Église des prêtres homosexuels.

Comme quoi, il y a « tradition » et tradition…

Par la voix de l’hebdomadaire « Le Petit Journal », qui publie aussi  le communiqué d’Arc-en-Ciel sur les propos stigmatisants du cardinal Bertone, l’abbé Olivier de Germay, vicaire épiscopal du diocèse de Toulouse, vient de répondre à notre président Alexandre Paris. Nous reproduisons sur notre site cette réponse qui entend se placer dans un esprit de dialogue passablement dégradé par les propos du cardinal Bertone.

« L’association Arc-en-Ciel interpelle l’Eglise catholique. J’ose y voir un appel au dialogue ; c’est en tout cas dans cet état d’esprit que je réponds. Les débats peuvent être au service d’une plus grande fraternité ; les polémiques sont souvent stériles et source de divisions.

Les propos du Cardinal Bertone ont visiblement scandalisé de nombreuses personnes, dont les membres de l’association Arc-en-Ciel. Ils sont interprétés comme des paroles provoquant « la haine de son prochain ». Par respect pour celui qui s’est exprimé, il faut essayer de comprendre le sens de ses propos et aller au-delà d’une simple phrase sortie de son contexte.

Le cardinal Bertone a fait référence à une étude, réalisée aux Etats-Unis par le John Jay College de New York, faisant apparaître que 81 % des cas de pédophilies impliquant des prêtres avaient comme victimes des garçons. On peut également supposer qu’il avait en tête les résultats d’une autre enquête statistique qui indique que dans 90 % des cas dits de pédophilie, il s’agit en réalité d’éphébophilie (relations sexuelles avec des adolescents), et que 60 % de ces cas d’éphébophilie concernent des relations homosexuelles.

Le cardinal évoque donc une réalité statistique dans un contexte précis. Il ne me semble pas juste de dire qu’il cherche à présenter « l’homosexualité comme seule cause » de la pédophilie. Il est évident que le lien statistique cité ci-dessus entre homosexualité et pédophilie ne suffit pas à établir un lien général de cause à effet entre ces deux réalités. Il s’agit là d’une question complexe faisant appel à une compétence psychologique ou médicale que ne revendique pas le cardinal Bertone.

Personnellement, je n’aurais pas exprimé les choses comme il l’a fait. Je comprends que, dans le contexte actuel, ses propos aient pu être perçus comme une mise en accusation d’une certaine catégorie de personnes. Ce que je regrette, c’est le climat dans lequel ces questions sont traitées aujourd’hui. Il me semble que notre société n’a rien à gagner de ces polémiques (qui ne visent pas uniquement l’Eglise catholique) dans lesquelles on est à l’affût de « la petite phrase » qui va faire scandale. Tout cela ne favorise pas un véritable débat sur des questions pourtant essentielles.

L’Eglise catholique pense qu’il est urgent  aujourd’hui de mener une réflexion sur un certain nombre de sujets de société, et en particulier sur la question de la sexualité humaine. Le drame de la pédophilie qui, on le sait bien, touche notre société dans son ensemble, montre bien qu’il y a là des enjeux importants. Sur ces questions, l’Eglise exprime donc des convictions. On a le droit de ne pas être d’accord avec elle, mais il est dommage que son discours soit si souvent caricaturé ou présenté comme une liste d’interdits ou de condamnations.

Je suis sensible au fait que M. Paris, dans son communiqué, fasse référence à  « l’amour du prochain » et aussi à la tolérance. Cela ne l’empêche pas – à juste titre – de condamner « les actes de pédophilie ». Il ne confond pas un jugement sur des actes et un jugement sur des personnes. Il en est de même pour l’Eglise ; lorsqu’elle participe aux débats éthiques, elle pose des jugements sur des actes ou des comportements, mais elle n’entend pas condamner des personnes. S’exprimer au grand jour dans l’espace public (non sans risque !) n’est pas de l’obscurantisme. C’est d’interdire le débat qui en serait. »

Père Olivier de Germay, vicaire épiscopal du diocèse de Toulouse.

Cette réponse appelle évidemment quelques commentaires. Si le père de Germay comprend la réaction de « certaines personnes » aux propos tenus par le numéro 2 du Vatican, et qu’il concède qu’il ne se serait pas exprimé de la même façon , il établit un distinguo entre des comportements et des personnes qui ne permet pas de savoir si l’Eglise « juge » aujourd’hui de la même manière la pédophilie et l’homosexualité, ce qui reste au coeur de la polémique, car de l’amalgame.

D’autre part,  les premières statistiques avancées ne concernent que des cas de pédophilie au sein du clergé et le terme « éphébophilie » est bien trop connoté « garçon » pour désigner aussi des relations avec des adolescentes, ce qui, finalement, contribue encore à l’amalgame déjà dénoncé par Arc en Ciel. Une fois encore, scientifiquement , et comme l’ont redit tous les spécialistes qui travaillent sur la pédophilie, y compris des spécialistes catholiques, rien ne permet d’établir un lien entre celle-ci et l’homosexualité.

Enfin, si les personnes homosexuelles ne seraient donc  pas « jugées » par l’Eglise, ou plus exactement ne le seraient plus, la condamnation qui perdure depuis des siècles  »des pratiques homosexuelles » reste inacceptable. Ce qui est donc très clairement demandé à toutes les Eglises est bien la condamnation sans aucune ambigüité de l’homophobie et de la transphobie.

Arc en Ciel veut réagir très fortement au propos du nº 2 du Vatican. Raffraichissez cette page assez souvent : des nouvelles infos à venir avec un communiqué officiel d’Arc en Ciel Toulouse.

Les scandales de pédophilie qui secouent l’Eglise catholique sont liés à l’homosexualité, pas au célibat des prêtres, a déclaré, lundi 12 avril, le secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Tarcisio Bertone.

« De nombreux psychologues et psychiatres ont démontré qu’il n’y avait aucun lien entre le célibat et la pédophilie et beaucoup d’autres, m’a-t-on dit récemment, qu’il y avait une relation entre l’homosexualité et la pédophilie », a dit le numéro deux du Vatican lors d’une conférence de presse à Santiago du Chili. « C’est la vérité. C’est le problème »…  »Cette pathologie touche toutes les catégories de gens, et les prêtres à un moindre degré si l’on regarde les pourcentages », a-t-il poursuivi.

Ceci n’est pas un poisson d’avril mais la triste réalité d’une hiérachie vaticane désemparée au point qu’elle s’en prend donc directement aux homosexuels en relayant l’amalgame inacceptable -évidemment scientifiquement absurde : on attend les sources psys du prélat- entre homosexualité et pédophilie.

Que le cardinal Bertone considère aujourd’hui que tous les cas de pédophilie en son sein relève de pratiques homosexuelles est son affaire, mais on ne se sait désormais ce qui l’inquiète le plus : les cas de pédophilie, les prêtres homosexuels ou ce mariage homo qui gagne du terrain partout en Europe…

Arc en Ciel Toulouse s’indigne avec la plus grande force des propos du numéro 2 du Vatican et appelle toutes ses adhérentes et tous ses adhérents, ainsi que tous ses ami(e)s et sympathisant(e)s , à s’associer à cette condamnation en écrivant une lettre de protestation auprès de Mgr Le Gall, archevêque de Toulouse.

Arc en ciel souhaite réagir dans les plus brefs délais en publiant un communiqué officiel.

N’ hésitez pas non plus à réagir sur le site.

INDIGNATION EN ITALIE

Extraits :

La députée du Parti démocrate (opposition de gauche) Anna Paola Concia a fait part de son « indignation », demandant au secrétaire d’Etat du Vatican de « démentir immédiatement les paroles violentes, inhumaines et gravissimes qu’il a prononcées ». « Il est vraiment déplaisant qu’encore aujourd’hui de hauts représentants de l’Eglise catholique se laissent aller à des analyses aussi grossières, proposant des thèses fausses, dommageables et démenties par l’Organisation mondiale de la Santé et qui ne sont pas partagées par la majorité des catholiques », a-t-elle ajouté. Alessandra Mussolini, présidente de la Commission pour l’enfance de la chambre des députés, a pour sa part jugé qu’ »on ne pouvait pas lier l’orientation sexuelle à la pédophilie », contredisant ainsi ouvertement le cardinal Bertone. Mme Mussolini appartient au Peuple de la Liberté (PDL, droite), le parti de Silvio Berlusconi.

Le président de Gaylib, un mouvement de défense des homosexuels de centre droit, a pour sa part jugé « inquiétant que le ministre des Affaires étrangères d’un Etat occupant le coeur de la capitale italienne utilise des arguments jugés dépassés y compris dans le Tiers-Monde ». « Puisqu’ils parlent la même langue, il serait opportun de transférer le Vatican à Téhéran », a ajouté en plaisantant Enrico Oliari, en allusion aux déclarations homophobes dont est coutumier le président iranien. Quant à Aurelio Mancuso, ex-président d’Arcigay, principale association de défense des droits des gays, il a estimé que le cardinal Bertone devrait « être logique avec lui-même » et « chasser tous les homosexuels du clergé, à commencer par la Curie vaticane ». « La vérité est que Bertone tente maladroitement de détourner sur l’homosexualité l’attention qui s’est concentrée sur les nouveaux crimes contre des enfants qui émergent chaque jour », a-t-il estimé.

Enfin, une association de lutte contre la pédophilie, La Caramella Buona, a cité dans un communiqué la criminologue Roberta Bruzzone, selon laquelle « les soi-disant corrélations entre homosexualité et pédophilie sont privées de tout fondement scientifique ».

Raffraichisez cette page à longeur de journée, plus d’infos a suivre, avec un communiqué officiel d’Arc En Ciel Toulouse.

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