Pas d’Egalité sans PMA !

Publiée le 26 mai 2013 | Par Michel Megnin | Évenements, Homoparentalité

« La PMA pour toutes les femmes, prochaine étape vers une égalité totale des droits entre les citoyen-ne-s quelle que soit leur sexualité ».

Suite à l’interview télévisée du 28 février 2013, le Président de la République a choisi de laisser l’avenir de la Procréation Médicalement Assistée (PMA) pour toutes les femmes entre les mains du Comité  Consultatif National d’Éthique (CCNE), lui conférant une compétence décisionnelle qu’il ne possède pas. Alors que la PMA faisait explicitement partie du projet pour lequel F.H a été élu, on ne peut que s’interroger sur la légitimité démocratique d’un comité consultatif dont les membres n’ont pas été élus par les citoyen-ne-s.

Il faut pourtant une volonté politique forte face aux discours sexistes et homophobes sur lesquels repose le contrôle patriarcal des sexualités et de la reproduction. Ces mêmes discours rejettent la PMA comme droit des femmes à disposer de leur corps. En effet, ouvrir la PMA pour toutes sera un pas de plus vers la liberté  des femmes, quelle que soit leur sexualité, qu’elles soient seules ou en couple, de choisir d’avoir – ou non – un enfant.

Refuser la PMA pour toutes, c’est au contraire conforter une vision essentialiste du couple basé sur une complémentarité supposée entre les femmes et les hommes qui fait de la famille hétéroparentale le seul modèle valable. Jusqu’à présent réservée aux couples hétérosexuels stériles mariés ou en couple depuis au moins deux ans, la PMA n’a été tolérée que pour maintenir cette illusion de la filiation biologique « naturelle » dans sa version la plus réactionnaire.

Aujourd’hui, l’enjeu est d’étendre l’accès à la PMA pour toutes les femmes qui ne se reconnaissent pas dans ce schéma traditionnel du couple. Au-delà de la procréation elle-même, l’enjeu est aussi celui de la filiation dont les contours doivent recouvrir la multiplicité des projets de parentalité. La PMA est également une question d’égalité sociale et de santé publique, quand les femmes les plus favorisées se rendent à l’étranger et mettent leur santé en danger par manque de suivi médical adapté avant, pendant et après leur grossesse.

Enfin, la PMA est une simple question d’égalité des droits. Dès lors que la PMA a été acceptée comme technique légitime de procréation pour une partie de la population, et dès lors que l’on s’accorde pour dire que les personnes LGBT sont autant capables d’élever un enfant que les personnes hétérosexuelles, aucune raison valable ne se dresse contre l’ouverture de la PMA pour toutes. Refuser l’ouverture de la PMA aux femmes lesbiennes, c’est encore une fois dénigrer l’existence et l’autonomie de leur sexualité et nier leur liberté de procréer. C’est donc hiérarchiser les femmes en fonction de leur orientation sexuelle.

Les hiérarchisations basées sur l’identité de genre et l’orientation sexuelle sont le socle des violences envers les femmes et les personnes LGBT. Celles et ceux qui trouvent à juste titre intolérable la radicalisation du mouvement anti-égalité ne peuvent que soutenir une égalité totale et réelle des droits pour tout-te-s avec la PMA. Le mariage pour tous les couples est une première belle victoire. Soyons plus que jamais mobilisé-e-s, allons au bout de l’égalité !

Christelle Alle (commission Santé AEC) et Camille Carton (porte-parole de Osez le Féminisme 31)

Ce texte est également publié dans le Programme du Festival des Fiertés LGBT 2013

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