Le 17 mai contre la Lesbophobie!

Publiée le 14 mai 2014 | Par | News, Visibilité Lesbienne

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L’année dernière, pour la journée mondiale de lutte contre les LGBT-phobies, les associations Arc-En-Ciel Toulouse, Sos Homophobie Midi-Pyrénées et Osez le Féminisme 31 lançaient une campagne de lutte contre la lesbophobie. A cette occasion, Marie notre héroïne combattait déjà la lesbophobie !

 

  • Adieux aux clichés lesbophobes!

Le message que souhaite faire passer Marie est malheureusement toujours le même : en attendant que le combat pour l’Égalité des droits paye enfin : LESBIENNES, soyez fières et combattez la lesbophobie !

Ainsi, Marie arrache avec énergie les étiquettes accrochées sur son corps (au sens métaphorique comme au sens propre du terme). « Allumeuse, camionneuse, mal baisée, anormale, bizarre », elle se débarrasse des clichés que son entourage ou que la société lui ont arbitrairement assigné, parce qu’elle est lesbienne. Elle est alors libre de se définir comme elle l’entend. (On espère qu’elle se définira comme une lesbienne, fière et libérée des préjugés !) Marie représente en réalité toutes les lesbiennes ou biEs, quelque soit leurs âges ou leur apparente « féminité » ou « masculinité ». Finalement elle incarne toutes celles qui se sentent enfermées, du fait du jugement de la société sexiste et hétérocentrée. Cette société qui refuse toujours d’admettre l’existence des lesbiennes.

 

  • On ne parle pas assez des lesbiennes !

Cette campagne met avant tout l’accent sur l’Invisibilité des lesbiennes dans notre société, et tente à sa manière d’y remédier. L’accent a d’ailleurs été mis sur le mot même de « lesbienne », car c’est un terme chargé de préjugés et de clichés. Or il demeure à tort tabou, même pour certaines lesbiennes.

Car l’invisibilité a des conséquences majeures dans la vie des lesbiennes. Niées par la société, bien moins visibles que les homosexuels hommes, on a ainsi tendance à croire qu’elles sont moins agressées physiquement. Pourtant cette négation et ce rejet, de la part des proches comme de la famille, peuvent être très destructeurs.

 

  • Qu’est ce que la lesbophobie ?

La lesbophobie c’est une double discrimination : les lesbiennes sont doublement victimes. A la fois de sexisme en tant que femmes et d’homophobie en tant qu’homosexuelles. Or on ne parle pas assez de la sexualité des lesbiennes car elle ne correspond pas à l’image d’une sexualité féminine passive, mais surtout dépendante … des hommes !

 

  • La Lesbophobie, un terme peu connu.

Il est pourtant primordial que les lesbiennes prennent conscience des discriminations dont elles sont victimes. Difficile à identifier car très peu connue et reconnue, la lesbophobie n’est souvent pas considérée par les premières intéressées comme une violence qu’il faut combattre. Certaines lesbiennes ne se sentent pas concernées, parfois elles ne connaissent même pas le terme « lesbophobie ».

Or pour dénoncer et combattre cette discrimination, il faut pouvoir la nommer. L’objectif de ce visuel est de rendre visibles les discriminations dont sont victimes les lesbiennes ! La campagne s’adresse donc avant tout aux lesbiennes et aux biEs, mais cible aussi toute personne, quelle que soit sa sexualité : chacun-e  d’entre nous connaît forcément une femme lesbienne dans son entourage plus ou moins proche ou a déjà été témoin de lesbophobie.

 

  • La lesbophobie, une violence intériorisée.

Les femmes victimes de lesbophobie ont parfois du mal à qualifier ces actes inexcusables, surtout quand ils interviennent dans la sphère familiale ou amicale. Car dans une société où les lesbiennes sont invisibles et où leur sexualité est souvent niée ou apparentée à la pornographie, il est difficile pour elles de s’identifier, de s’accepter et donc de détecter les violences dont elles sont victimes. Les lesbiennes ont alors tendance à intérioriser la lesbophobie, c’est à dire à considérer ces actes comme banals ou à les minimiser.

Pourtant quand une femme lesbienne est insultée dans la rue après avoir refuser les avances d’un homme ; ou harcelée car elle ne correspond pas à l’idée que notre société se fait de la féminité ; rejetée par sa famille ou ses proches parce qu’ils n’acceptent pas sa sexualité ; ou si elle est violée par des hommes dans le but de la « guérir » de l’homosexualité, afin qu’elle change son orientation sexuelle ; à des degrés différents, il s’agit bien de lesbophobie. Or tous les actes lesbophobes devraient systématiquement être identifiés comme tels et être combattus !

 

  • L’abandon de l’ouverture de la PMA (Procréation Médicalement Assistée) aux couples lesbiens, une violence lesbophobe.

L’abandon de l’ouverture de la PMA aux couples lesbiens constitue aussi une violence lesbophobe! Car si toutes les femmes ne souhaitent pas devenir mère, les lesbiennes se voient pourtant refuser l’accès à l’assistance médicale à la procréation (ou PMA : Procréation Médicalement Assistée) ; comme peuvent le faire depuis 2004 les couples hétérosexuels ne réussissant pas à avoir d’enfant d’une manière « naturelle ». En France, aujourd’hui encore, et malgré la reconnaissance des couples homosexuels avec l’entrée en vigueur de la loi « Mariage pour tous et toutes », seuls les couples hétérosexuels peuvent bénéficier des progrès de la science pour fonder une famille.

Les lesbiennes n’ont alors pas d’autre choix que de s’exposer aux difficultés et aux risques sanitaires d’une insémination artisanale (ni encadrée par la loi, ni encadrée par les médecins) ou d’une insémination à l’étranger (seulement pour les plus aisées, car non remboursée par la sécurité sociale). Ce qui, une fois l’enfant né, ne garantit pas l’établissement des liens de filiation avec la deuxième mère (ou mère sociale). Puisque l’autre parente doit se soumettre aux décisions de refus ou d’acceptation d’adoption prononcées par les juges. (Récemment le Tribunal de Versailles à refusé l’adoption par la deuxième mère car les juges ont considérés que l’enfant né d’une PMA à l’étranger constituait une « fraude à la loi ». D’un tribunal à l’autre, les juges peuvent tout aussi bien invoquer cette fraude à la loi ou accorder l’adoption.) Ce qui crée une situation d’insécurité juridique inacceptable!

 

La journée mondiale de lutte contre les LGBT-phobies est l’occasion de rappeler l’urgence d’agir contre la lesbophobie qui, en 2014, est toujours absente des dictionnaires alors qu’elle est, malheureusement, plus que jamais d’actualité !

 

Christelle ALLE

 

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